Le Tchad, acteur central de l’Afrique centrale, entre dans une phase de profondes transformations institutionnelles. Le 15 septembre 2025, l’Assemblée nationale a approuvé à une écrasante majorité le rapport de la Commission spéciale sur la révision de la Constitution du 29 décembre 2023. Si ce vote n’est pas une modification immédiate, il constitue une première étape cruciale dans un processus visant à moderniser la gouvernance et à renforcer la coordination des institutions. Les députés ont adopté le texte par 171 voix pour, une contre et aucune abstention, un résultat salué par certains comme un signe de responsabilité parlementaire.
Parmi les changements proposés, l’allongement du mandat présidentiel à sept ans, renouvelable, est le plus marquant. Le texte prévoit également la création d’un Vice-Premier ministre, l’harmonisation des mandats des élus à six ans, le financement public des campagnes électorales, et la transformation du Médiateur de la République en une structure renforcée. Les responsabilités pénales des membres du gouvernement seraient également accrues, les rendant justiciables pour crimes et délits économiques et financiers. Une pause estivale serait aussi introduite pour le Président et le Premier ministre. Ces réformes ont suscité des débats animés au sein de l’hémicycle. Des voix, comme celles de Mariam Djimet Ibet, défendent l’allongement du mandat comme une nécessité pour mener à bien les projets de société.
D’autres, à l’instar de Béral Mbaïkoubou, mettent en garde contre une banalisation de la Constitution et l’éventualité de dérives autoritaires. Ces échanges illustrent la tension entre volonté de stabilité et vigilance démocratique, thème récurrent dans les processus de réforme institutionnelle en Afrique. Le vote en Congrès, prévu le 13 octobre 2025, sera décisif pour la validation finale de cette révision. L’issue de ce processus déterminera non seulement l’avenir institutionnel du Tchad, mais influencera également les réflexions sur la consolidation de l’État de droit et l’équilibre démocratique dans la région. Les semaines à venir seront donc scrutées de près par l’ensemble du continent africain et sa diaspora.



