La prière de l’aube transformée en tragédie
Le samedi 20 septembre 2025, un drone des Forces de soutien rapide (FSR, ex-Janjawid) a tué au moins 75 civils lors de la prière de l’aube (Salat Al Fajr) dans une mosquée du quartier El Daraja El Oula à El Fasher, capitale du Darfour-Nord. Selon des comités de résistance et des sources locales, 11 enfants âgés de 6 à 15 ans figurent parmi les victimes, tandis que des habitations voisines ont aussi été touchées. La ville, assiégée depuis plus de 500 jours par les FSR, est considérée par l’ONU comme l’un des épicentres de la pire crise humanitaire actuelle.
L’horreur sous les décombres et un siège prolongé
La frappe a eu lieu pendant la deuxième unité de prière, alors que les fidèles étaient en position de prosternation. La mosquée, qui abritait des familles déplacées venues échapper à la famine et à la surpopulation du camp d’Abou Chouk, a subi d’importants dégâts. Le bilan pourrait encore s’alourdir, plusieurs corps restant sous les décombres et les structures médicales étant insuffisantes pour soigner les blessés. El Fasher, où vivent environ 260 000 civils dont la moitié sont des enfants, subit depuis mai 2024 un blocus qui empêche l’acheminement de l’aide humanitaire.
Appels internationaux à la justice
Le Conseil de souveraineté transitoire du Soudan a dénoncé un « crime contre l’humanité », tandis que le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a réclamé une enquête indépendante. Catherine Russell, directrice générale de l’UNICEF, a jugé l’attaque « choquante et inadmissible », rappelant que les lieux de culte sont protégés par le droit international humanitaire. L’ONU indique qu’entre janvier et juin 2025, plus de 3 384 civils ont été tués au Soudan, principalement au Darfour.
Un risque d’escalade humanitaire
Depuis avril 2023, le conflit soudanais a provoqué la mort de dizaines de milliers de personnes et le déplacement de plus de 13 millions d’habitants. Près de 20 000 civils ont récemment fui vers le Tchad. Le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, alerte sur le risque d’un « cauchemar irréversible » si aucune action immédiate n’est engagée pour protéger les populations d’El Fasher et du Darfour.