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21/01/2026   

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L’Égypte saisit l’ONU après l’inauguration du grand barrage éthiopien

L’inauguration du Grand Barrage de la Renaissance en Éthiopie ravive les tensions avec l’Égypte, qui dénonce une menace pour sa sécurité hydrique. Le Caire a saisi le Conseil de sécurité de l’ONU, transformant le Nil en foyer diplomatique et géopolitique majeur pour l’Afrique.

L’Éthiopie a inauguré le Grand Barrage de la Renaissance (GERD) sur le Nil, présenté comme le plus grand barrage hydroélectrique d’Afrique et symbole de fierté nationale. Mais pour l’Égypte, dépendante du fleuve pour sa survie, cette mise en service constitue une « violation manifeste du droit international ». Le Caire a immédiatement saisi le Conseil de sécurité de l’ONU, ravivant une querelle ancienne qui illustre les tensions autour de l’eau, ressource vitale et hautement stratégique. Le Nil, qui irrigue des millions de vies, cristallise désormais une confrontation entre deux visions. Pour Addis-Abeba, le GERD incarne un droit souverain au développement et une étape décisive vers l’autonomie énergétique.

Le Premier ministre éthiopien a souligné que l’ouvrage profiterait non seulement à l’Éthiopie mais aussi à la région, en garantissant un accès durable à l’électricité. Le Caire, en revanche, y voit une menace « existentielle ». Selon les autorités égyptiennes, le barrage risque de réduire son quota annuel de 55,5 milliards de mètres cubes d’eau, déjà insuffisant face à des besoins estimés à plus de 90 milliards. L’Égypte, où la disponibilité moyenne est tombée sous le seuil de pauvreté hydrique de l’ONU (500 m³ par habitant et par an), redoute un désastre pour son agriculture et sa sécurité alimentaire. « Quiconque pense que l’Égypte fermera les yeux sur ses droits en matière d’eau se trompe », a averti le président Abdel Fattah Al-Sissi.

Depuis plus de dix ans, les négociations, avec la médiation de l’Union africaine et d’acteurs internationaux, n’ont jamais abouti à un accord contraignant sur le remplissage et l’exploitation du barrage. Le Caire affirme avoir « choisi la voie diplomatique », mais dénonce une stratégie d’ »imposition du fait accompli » par Addis-Abeba. De son côté, l’Éthiopie rejette les accusations et défend son respect des normes internationales. L’appel de l’Égypte à l’ONU traduit l’impasse persistante de ce dossier, qui dépasse la simple question hydrique pour toucher à la souveraineté, au développement et à la sécurité régionale. Alors que les regards se tournent vers le Conseil de sécurité, l’avenir du Nil s’impose comme un test majeur pour la coopération africaine et la stabilité du continent.

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