Le Rwanda accueille la 98e édition des Mondiaux de cyclisme sur route, une compétition créée en 1921 et traditionnellement organisée en Europe. Bien que le vélo reste en Afrique avant tout un outil de transport et de travail, la tenue de cette épreuve vise à stimuler une pratique plus structurée et compétitive. L’Union Cycliste Internationale (UCI) a enregistré une participation record : 108 nations, dont 36 africaines, soit 33,64 % des coureurs, un chiffre inédit qui dépasse légèrement la présence européenne. Au total, 769 cyclistes sont attendus, illustrant l’attrait croissant du cyclisme bien au-delà du Vieux Continent.
Kigali offre un décor spectaculaire mais redoutable. À 1 850 mètres d’altitude, son circuit de 15,1 km est déjà considéré comme l’un des plus exigeants de l’histoire des championnats, avec la célèbre ascension du « Mur de Kigali ». L’épreuve reine, la course sur route Élite Hommes du 28 septembre, s’étendra sur 267,5 km et 13 épreuves sont programmées, incluant courses en ligne, contre-la-montre individuels et relais mixtes.
Les espoirs africains reposent notamment sur l’Érythréen Biniam Girmay, vainqueur de trois étapes et du maillot vert du Tour de France 2024, Henok Mulubrhan, récent maillot jaune du Magnifique du Qinghai, ainsi que le Rwandais Vainqueur Masengesho, étoile montante du cyclisme local. L’Afrique du Sud mise sur Brendon Downes, médaillé d’argent au contre-la-montre du Championnat d’Afrique 2024. En organisant ces Mondiaux, le Rwanda affirme son rôle de pionnier. Cette compétition offre une visibilité sans précédent au continent et pourrait ouvrir la voie à une nouvelle génération de champions, posant les bases d’une Afrique capable de rivaliser durablement avec les puissances traditionnelles du cyclisme.