Réduire le risque de change et protéger les emprunteurs
Dans de nombreux pays africains, les marchés de couverture restent insuffisamment développés, obligeant les entreprises et les gouvernements à contracter des dettes en devises fortes alors que leurs revenus sont générés localement. Cette situation accroît le risque de change et fragilise la viabilité des projets, notamment dans les secteurs des infrastructures et des petites entreprises. L’investissement de la BAD dans TCX, validé les 17 et 19 septembre 2025, offre une réponse concrète à ce défi. TCX, leader mondial des solutions de couverture en monnaie locale, propose des instruments comme les swaps de devises ou les contrats à terme, permettant de sécuriser les emprunts et de protéger les acteurs économiques contre la volatilité des marchés. Depuis sa création en 2007, le fonds a déjà couvert plus de 4 milliards de dollars de transactions dans 31 pays africains, sur un total global dépassant 17 milliards.
Soutenir les secteurs clés et renforcer les marchés de capitaux
En augmentant la capacité de prise de risque de TCX, la BAD ambitionne de débloquer des financements cruciaux pour les micro, petites et moyennes entreprises, les infrastructures de transport, d’énergie et d’eau, ainsi que pour la microfinance et le secteur public. L’initiative cible particulièrement les États fragiles et les marchés peu desservis, qui représentent déjà 18 % du portefeuille de TCX. Elle s’inscrit dans la Stratégie décennale 2024-2033 de la BAD, qui promeut l’émission d’obligations et de prêts en monnaie locale pour réduire la dépendance aux devises étrangères. Pour Ruurd Brouwer, directeur général de TCX, l’entrée de la BAD dans le capital du fonds consolide un partenariat destiné à protéger les emprunteurs africains et à accélérer l’intégration des marchés financiers du continent. Cette opération illustre la volonté de l’Afrique de bâtir une autonomie financière durable tout en limitant le surendettement.



