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29/04/2025   

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Délestages à Libreville : la dette de la SEEG à Aggreko plonge la capitale dans le noir

Délestages à Libreville : la dette de la SEEG à Aggreko plonge la capitale dans le noir

Depuis plusieurs semaines, les habitants de Libreville subissent de fréquentes coupures d'électricité qui touchent tous les quartiers de la capitale, y compris le centre-ville abritant les institutions publiques, les banques et les centres commerciaux.
Depuis plusieurs semaines, les habitants de Libreville subissent de fréquentes coupures d'électricité qui touchent tous les quartiers de la capitale, y compris le centre-ville abritant les institutions publiques, les banques et les centres commerciaux.
Aggreko est le leader mondial des services d’alimentation électrique temporaire. © Aggreko

Depuis plusieurs semaines, les habitants de Libreville subissent de fréquentes coupures d’électricité qui touchent tous les quartiers de la capitale, y compris le centre-ville abritant les institutions publiques, les banques et les centres commerciaux. La cause de cette situation : une dette de 15 milliards de francs CFA (environ 24 millions de dollars) due par la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) à la société privée Aggreko, qui fournit plus d’un tiers de l’électricité consommée à Libreville grâce à ses groupes électrogènes. Face à l’accumulation des impayés, Aggreko a décidé de réduire sa production d’électricité, provoquant ainsi des délestages à grande échelle. La SEEG, qui distribue l’électricité au Gabon, a reconnu la situation difficile, expliquant que « l’augmentation exceptionnelle de la consommation d’électricité observée en cette période de fortes chaleurs conduit à la saturation du système électrique de Libreville ».

Pour pallier ce manque d’électricité, la SEEG a mis en place un planning de délestages rotatifs d’une durée maximale d’une heure par secteur. Cependant, les coupures durent souvent beaucoup plus longtemps, exaspérant la population. « C’est difficile, c’est pénible avec la chaleur et les moustiques. On est obligé de dormir avec les fenêtres ouvertes pour essayer d’avoir un peu d’air naturel », témoigne un habitant de Libreville. La SEEG a annoncé des mesures pour sortir de la crise, notamment des travaux de réparation des ouvrages à un rythme soutenu en vue d’un retour à la normale d’ici le 25 mai 2024. Une centrale flottante devrait également renforcer la desserte en électricité dans les trois prochains mois. Mais ces solutions à court terme ne règlent pas le problème de fond : la dette de la SEEG envers Aggreko.

Face à cette situation, les autorités gabonaises ont ordonné un audit rigoureux de la SEEG et d’Aggreko afin de déterminer les responsabilités de chacun dans cette crise énergétique. Les Gabonais espèrent que cet audit permettra de trouver une solution durable pour mettre fin aux délestages récurrents qui paralysent la capitale et impactent durement leur vie quotidienne.

Le Gabon, pays riche en ressources naturelles, peine à assurer un service public de l’électricité fiable à sa population. Cette crise révèle les failles d’un système énergétique dépendant d’un acteur privé étranger et les défis à relever pour atteindre un développement durable. Les autorités doivent prendre des mesures urgentes pour résoudre ce problème qui nuit à l’image du pays et au bien-être de ses citoyens.

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