Le 18 septembre 2025, un arrêté signé par le Général de Division Mohamed Toumba, ministre d’État de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire, a officialisé la dissolution de 400 sociétés de sécurité privée sur l’ensemble du territoire nigérien. Cette décision radicale traduit la volonté du gouvernement de reprendre la main sur un secteur longtemps marqué par l’opacité, l’informel et des pratiques contraires à la sécurité publique. Elle s’inscrit dans l’application d’un décret adopté en février 2025 par le Conseil des ministres, sous la présidence du Général de Brigade Abdourahamane Tiani, qui imposait un nouveau cadre légal strict. Ce texte exige notamment une autorisation préalable d’exercice valable cinq ans, une enquête de moralité obligatoire pour les dirigeants, tous de nationalité nigérienne, ainsi qu’un contrôle rigoureux du port d’armes et l’interdiction de missions relevant des Forces de défense et de sécurité.
Les sociétés disposaient d’un délai de six mois pour se conformer à ces règles, faute de quoi elles s’exposaient à une radiation. La liste des entreprises concernées, étalée sur 12 pages, comprend aussi bien des acteurs majeurs comme Le Bouclier, Tigre Security Group ou Lynx Security que de petites structures locales, illustrant l’ampleur de l’assainissement engagé. Si cette opération marque une avancée vers une sécurité privée mieux encadrée, elle entraîne des conséquences sociales immédiates. Des milliers d’agents, souvent employés dans des conditions précaires avec des salaires inférieurs à 50 000 F CFA (environ 76 USD), se retrouvent menacés de chômage. Le gouvernement devra désormais veiller à maintenir la continuité des services de sécurité tout en accompagnant la reconversion de ces travailleurs, condition essentielle au succès durable de cette réforme.