Le différend entre Orano, acteur majeur du cycle du combustible nucléaire, et l’État nigérien a franchi une étape majeure avec l’ordonnance du Centre International pour le Règlement des Disputes relatifs aux Investissements (CIRDI) rendue le 23 septembre 2025. Dans l’affaire n° ARB/25/8, le tribunal a formellement enjoint à Niamey de ne pas vendre, céder ou transférer à des tiers l’uranium produit par la Société des mines de l’Aïr (SOMAÏR), estimant qu’une telle démarche violerait les droits d’Orano. Cette mesure provisoire vise à maintenir le statu quo jusqu’au jugement final et empêche la mise en œuvre immédiate de la nationalisation annoncée par l’État nigérien.
Orano, actionnaire majoritaire de la SOMAÏR et présent au Niger depuis plus de cinquante ans, avait saisi le CIRDI pour contester la mainmise unilatérale de l’État sur le minerai stratégique. L’entreprise française se félicite de la décision, qui confirme la validité de ses arguments contractuels et protège ses droits d’enlèvement de l’uranium. Cette décision renforce également la position d’Orano dans la gestion et l’exportation de ce minerai essentiel au cycle nucléaire mondial. L’affaire prend aussi une dimension humaine et politique. Le CIRDI a rappelé les autorités nigériennes à l’ordre concernant la détention de Monsieur Ibrahim Courmo, représentant d’Orano arrêté en mai 2025, en conformité avec la décision de la Cour d’appel de Niamey. Orano avait dénoncé cette détention prolongée comme illégale et a salué l’intervention du tribunal arbitral.
Pour le Niger, cette ordonnance illustre la nécessité de concilier souveraineté sur ses ressources et respect des engagements internationaux. Tout non-respect pourrait entraîner des saisies d’actifs à l’étranger, un affaiblissement de la confiance des investisseurs et des sanctions éventuelles. Orano confirme qu’elle défendra ses droits par tous les moyens légaux et se réserve le droit d’agir contre toute violation. Cette décision du CIRDI met en lumière la tension persistante entre contrôle étatique des ressources stratégiques et cadre juridique international, rappelant que les États africains doivent composer avec des règles strictes pour protéger la stabilité de leurs projets et relations économiques.
