Aujourd'hui

21/01/2026   

PUB

PUB

Rupture historique au Sahel les États de l’AES quittent la CPI pour créer leur propre cour pénale

La Confédération des États du Sahel (AES), regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, a annoncé en septembre 2025 son retrait immédiat du Statut de Rome instituant la Cour pénale internationale (CPI). Les trois pays dénoncent cette juridiction comme un « instrument de répression néocoloniale » et affirment leur volonté de bâtir une justice régionale indépendante.

Le 22 septembre 2025, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont officialisé leur sortie de la CPI, marquant une rupture majeure avec l’ordre judiciaire international. L’annonce, faite à la télévision burkinabè par le ministre de la Communication, s’appuie sur un communiqué conjoint signé à Bamako par le président en exercice de l’AES, le général Assimi Goïta. Les trois gouvernements accusent la Cour de partialité et d’inefficacité, estimant qu’elle « s’acharne contre certains acteurs » tout en demeurant muette face aux crimes de guerre commis par les grandes puissances qui n’ont jamais ratifié le Statut de Rome. Ce retrait s’inscrit dans une dynamique plus large de désengagement des cadres multilatéraux, après la rupture avec la CEDEAO, l’OIF et le G5 Sahel.

Pour les autorités sahéliennes, la CPI est devenue « incompatible » avec la promotion des droits humains selon les valeurs et priorités régionales. En remplacement, l’AES a annoncé la création d’une Cour pénale sahélienne, ou Cour pénale et des droits humains du Sahel (CPS-DH), qui sera basée à Bamako. Cette future juridiction jugera les crimes graves, crimes de guerre, crimes contre l’humanité, génocide, terrorisme, financement du terrorisme ou blanchiment et vise à renforcer l’autonomie judiciaire du bloc. Cette décision fragilise une CPI déjà critiquée pour sa sélectivité et pourrait inspirer d’autres pays africains en quête de souveraineté. Mais elle soulève aussi des inquiétudes : l’efficacité et l’indépendance de la nouvelle cour restent incertaines, tout comme la poursuite des affaires déjà ouvertes par la CPI. Pour l’Afrique, l’enjeu sera de prouver qu’une justice régionale peut offrir à la fois équité, efficacité et protection des victimes.

À découvrir aussi

Dakar, Abidjan, Johannesburg et Lomé se mobilisent massivement pour la campagne "Octobre Rose" 2025, avec des initiatives sportives, communautaires et médicales. Le message est clair : le dépistage précoce reste vital pour réduire les décès liés aux cancers féminins.
La crise diplomatique entre l’Algérie et le Mali s’est intensifiée fin septembre 2025 à l’Assemblée générale de l’ONU. Les deux pays ont échangé des accusations graves, révélant une dégradation profonde de leurs relations bilatérales.
La production pétrolière et gazière africaine devrait atteindre 11,4 millions de barils par jour d’ici 2026, selon le rapport State of African Energy 2026 Outlook. Présenté par l’African Energy Chamber (AEC) et S&P Global, ce document met en lumière l’accélération des projets offshore, la montée en puissance du gaz et la transition vers les énergies renouvelables.
L’ancien ministre chinois de l’Agriculture, Tang Renjian, a été condamné à la peine de mort avec sursis de deux ans pour avoir accepté plus de 38 millions de dollars de pots-de-vin entre 2007 et 2024. Cette décision s’inscrit dans la campagne anti-corruption menée par le président Xi Jinping, qui touche même ses anciens alliés.
L’ambassadeur d’Afrique du Sud en France, Nkosinathi Emmanuel Mthethwa, a été retrouvé mort au pied d’un hôtel parisien le 30 septembre 2025. Les autorités françaises ont ouvert une enquête pour déterminer les circonstances de son décès.
Le Burkina Faso a lancé une enquête nationale de près de 2 milliards FCFA pour évaluer les conditions de vie des ménages. Cette opération met un accent particulier sur l’impact des crises sécuritaires et de la pauvreté sur les déplacés internes.
Au Gabon, le scrutin législatif et local du 27 septembre 2025 a été marqué par des tensions, des irrégularités et des incidents violents à Libreville et à l'intérieur du pays. Face à cette situation, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a convoqué dès son retour une réunion d’urgence pour évaluer les dysfonctionnements constatés.
Le procès de l'ancien Premier ministre Moussa Mara s’est tenu le 29 septembre 2025 à Bamako. Le parquet a requis 24 mois d’emprisonnement pour « atteinte à la crédibilité de l’État » après son soutien à des détenus d’opinion sur les réseaux sociaux. Sa demande de liberté provisoire a été rejetée.
La première édition du Festival du Film Russe se tient à Alger du 28 septembre au 3 octobre 2025, mettant en lumière le cinéma russe et les liens culturels avec l’Algérie. L’ouverture a été marquée par la projection du film de science-fiction Le défi avec la cosmonaute Yulia Peresild.