Le cinquième anniversaire d’une répression controversée
Le 22 septembre 2025 marque le cinquième anniversaire des manifestations organisées par le MRC dans plusieurs villes camerounaises en 2020. Ces marches, réclamant un dialogue national et une réforme du système électoral, avaient été violemment réprimées. Plus de 500 personnes avaient alors été arrêtées, dont une majorité a depuis retrouvé la liberté. Mais 36 militants demeurent encore derrière les barreaux de la prison centrale de Kondengui à Yaoundé, un cas qui continue d’alarmer les organisations de défense des droits humains.
Des peines lourdes et des procès militaires contestés
Parmi les détenus figurent des figures clés de l’opposition comme Alain Fogué, trésorier du MRC, et Olivier Bibou Nissack, porte-parole de Maurice Kamto. Condamnés à des peines allant de cinq à sept ans, ils sont accusés de « rassemblement illégal » et d’« atteinte à la sûreté de l’État ». Amnesty International dénonce un caractère « purement politique » des charges retenues et fustige le recours à des tribunaux militaires pour juger des civils, une pratique contraire au Pacte international relatif aux droits civils et politiques et à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, tous deux ratifiés par le Cameroun.
Un climat démocratique sous tension avant 2025
Cette affaire intervient dans un contexte de crispation politique à l’approche de la présidentielle de 2025. Selon Amnesty, journalistes, militants et défenseurs des droits humains risquent désormais l’arrestation dès qu’ils critiquent les autorités. Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU a récemment mis en garde contre une dégradation préoccupante de l’espace civique. Malgré les appels répétés de la communauté internationale, les autorités camerounaises n’ont toujours pas réagi aux dernières interpellations d’Amnesty International. L’ONG exige la « fin de cette parodie de justice » et la libération immédiate des 36 détenus, rappelant que manifester pacifiquement reste un droit fondamental.