Près de 6,7 millions de Guinéens sont invités à se prononcer sur un nouveau texte constitutionnel présenté par la junte militaire comme une « étape vers la stabilité » et le retour à l’ordre institutionnel. Le gouvernement multiplie les meetings et exhorte la population à voter « oui ». Cependant, la campagne se déroule dans un contexte de restrictions sévères : plusieurs médias indépendants ont été réduits au silence et les voix critiques sont muselées. Depuis Dakar et Abidjan, Cellou Dalein Diallo appelle ses partisans à rester chez eux dimanche. Pour lui, le référendum est une « mascarade » où « même si vous votez non, votre vote sera compté comme un oui ». Il accuse la junte d’avoir trahi son serment, spolié le peuple de ses droits et concentré le pouvoir et les richesses publiques entre les mains de quelques dirigeants.
Selon lui, la majorité des Guinéens vit dans la pauvreté, avec des infrastructures dégradées et une jeunesse au chômage, tandis que la « refondation » promise ne profite qu’aux élites. Le gouvernement, par la voix de son porte-parole Ousmane Gaoual Diallo, défend le référendum comme la voie vers la normalité constitutionnelle, estimant que l’opposition n’offre « aucune alternative crédible ». Le bras de fer se joue désormais sur la participation des électeurs, qui déterminera la légitimité du scrutin et les étapes futures de la transition. Ce référendum constitue un moment crucial pour la démocratie guinéenne. Entre un pouvoir qui cherche à légitimer sa gouvernance et une opposition qui mise sur l’abstention, le peuple est confronté à un choix décisif, dont l’issue influencera la crédibilité du processus et l’avenir politique du pays.



