Dans un quartier résidentiel des États-Unis, un cimetière pour esclaves, oublié pendant des siècles, est en cours de réhabilitation. Ce site, qui remonte à 1750, servait de lieu de sépulture pour des personnes réduites en esclavage, principalement des Afro-Américains, jusqu’à la fin du XIXe siècle. Au cours de trois années de recherche, les restes de 27 individus ont été découverts, révélant l’histoire tragique et souvent négligée de ceux qui n’avaient pas le choix de leur dernier repos.
Un passé oublié
Le cimetière, qui avait complètement disparu au fil du temps, est désormais redécouvert grâce aux efforts de Tyrone Wilson, un défenseur de la mémoire historique. Wilson souligne que cet emplacement a été choisi par les propriétaires d’esclaves au XVIIIe siècle, une époque où les Africains réduits en esclavage n’avaient aucun contrôle sur leurs conditions de vie, y compris le choix de leur lieu de sépulture. « Nous devons honorer leur mémoire et leur histoire, qui ont été trop longtemps ignorées », déclare-t-il. La maison construite sur le site du cimetière est aujourd’hui un musée, où des fonds sont collectés pour transformer l’endroit en un lieu de recueillement. Ce projet ambitieux vise à rebaptiser le site en tant que cimetière africain de Pine Street. Les recherches continuent pour identifier les personnes inhumées et retrouver leurs descendants, une démarche essentielle pour restaurer l’héritage de ces vies perdues.
Importance de la mémoire collective
La réhabilitation de ce cimetière s’inscrit dans un contexte plus large de commémoration de l’esclavage aux États-Unis. Malgré les résistances politiques et sociales, des initiatives émergent pour honorer la mémoire des victimes de l’esclavage. « La construction de monuments et la réhabilitation de sites comme celui-ci sont cruciales pour la reconnaissance de notre histoire », affirme un historien local. Les efforts de Wilson et de sa communauté visent à faire de ce cimetière un symbole de résilience et de mémoire collective. Cependant, la réhabilitation de ce site n’est pas sans défis. Les tensions autour de la mémoire de l’esclavage persistent, notamment face à des monuments glorifiant des figures historiques controversées. Les lois de préservation du patrimoine, qui protègent certains monuments, compliquent parfois les efforts de réhabilitation et de mémoire. « Nous devons naviguer dans un paysage complexe pour faire entendre notre voix », explique Wilson.
La réhabilitation du cimetière pour esclaves de Pine Street représente bien plus qu’un simple projet de restauration. C’est un acte de justice historique, une tentative de rendre hommage à ceux qui ont été réduits au silence. En redonnant vie à cet espace, la communauté espère non seulement honorer les morts, mais aussi éduquer les générations futures sur l’impact durable de l’esclavage. « Chaque pierre, chaque nom découvert est une victoire pour la mémoire », conclut Wilson, déterminé à poursuivre cette quête de vérité et de réconciliation.
Ce cimetière, autrefois oublié, devient ainsi un lieu de mémoire et d’espoir, rappelant à tous l’importance de se souvenir et de reconnaître les injustices du passé.
Sources : https://www.cairn.info/revue-ethnologie-francaise-2020-1-page-51.htm
https://www.lesilesdeguadeloupe.com/tourisme/fr-fr/circuits/circuitpatrimoniallaroutedelesclave-6jours5nuits https://fr.africanews.com/2024/08/30/etats-unis-un-cimetiere-pour-esclaves-rehabilite/
https://memoire-esclavage.org/cimetiere-desclave-de-lanse-sainte-marguerite